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Mercredi 07 mai après-midi, je suis intervenue en Hémicycle dans le débat sur les langues régionales que le Gouvernement a souhaité organiser à la demande de nombreux députés dont je fais partie.
J’y ai rappelé que la langue française est l’âme de la France et doit le rester. Elle est un élément important de notre unité nationale. Pour cette raison, je souhaite que l’on mette l’accent sur l’apprentissage du Français à l’école, dans la ligne de ce que propose Xavier DARCOS, ministre de l’Education nationale.
Je suis fortement opposée à ce que les langues régionales ou minoritaires deviennent des langues officielles de la République au même titre que le français.
En revanche j’ai plaidé pour une meilleure reconnaissance de nos langues régionales et en particulier du Nissart. Car nos langues régionales sont l’esprit et la culture de nos régions. Les langues régionales ne sont pas un vecteur de repli identitaire. Bien au contraire, plus l’on maîtrise de cultures et de langues, plus l’on est ouvert à celles des autres.
J’ai insisté sur l’aspect éducatif, sur la nécessité de permettre à tous les élèves qui le désirent de pouvoir apprendre le Nissart. Et ainsi leur permettre de découvrir l’âme de leur territoire et de cultiver cette part de leur identité. Cela passe par l’augmentation des moyens humains et financiers consacrés à l’enseignement des langues locales, et notamment par l’affectation de professeurs supplémentaires de Nissart à Nice pour répondre à la demande de nos jeunes.
Le texte de mon intervention à la Tribune sur les langues régionales
M. le président. La parole est à Mme Muriel Marland-Militello.
Mme Muriel Marland-Militello. Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, je suis très heureuse de pouvoir aujourd’hui m’exprimer sur le sujet des langues régionales. J’ai également le plaisir d’associer à ces propos notre premier questeur, M. Richard Mallié.
Stendhal écrivait : « Le premier instrument du génie d’un peuple, c’est sa langue. » Le débat qui nous réunit cet après-midi m’évoque à une boîte de Pandore qu’il convient d’ouvrir avec la plus grande prudence. L’enjeu sous-jacent n’est pas mince : il s’agit de notre unité nationale. Ne l’oublions pas !
Si, comme le dit Ernest Renan, « l’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours », je suis persuadée que, dans notre État unitaire et décentralisé, la langue est l’un des ingrédients les plus importants qui composent notre nation. Ouvrir cette boîte de Pandore, même dans des conditions de sécurité adéquates, demande du courage. À ce titre, je tiens à vous féliciter, madame la ministre, d’avoir permis ce débat, qui me concerne tout particulièrement en tant que Française, niçoise et élue des Alpes-Maritimes.
Je tiens d’abord à rappeler devant la représentation nationale que la langue française est l’âme de la France, et qu’elle doit le rester. Notre langue commune participe de notre identité commune. À ce titre, je suis opposée à ce que les langues régionales ou minoritaires deviennent des langues officielles de la République au même titre que le français. C’est pourquoi, outre les problèmes de coût que cela poserait, je trouve inutile de rendre obligatoire la traduction en langues régionales des lois et des actes des collectivités territoriales.
L’enseignement de la langue française, fruit d’un métissage et d’une histoire multiséculaires, doit rester seul obligatoire. Les actions de Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, en faveur de la maîtrise de la langue française à l’école, vont dans le bon sens. Car comment peut-on s’intégrer et trouver sa place dans une société dont on ne maîtrise pas la langue commune ?
Néanmoins, et c’est bien l’objet de mon intervention, cette nécessaire unité linguistique ne s’oppose pas à une meilleure reconnaissance de nos langues régionales. Et, en la matière, des progrès restent à faire.
Nos langues régionales sont l’esprit et la culture de nos régions. À ce titre, elles font partie intégrante de notre patrimoine culturel français. Et nous avons tout lieu de nous réjouir de l’intérêt des jeunes générations pour ce patrimoine.
C’est pourquoi le problème essentiel est à mes yeux celui de la transmission des langues régionales. Chaque élève qui veut apprendre la langue régionale de son territoire et se familiariser ainsi avec cette culture doit pouvoir le faire. Et, pour cela, la priorité est de former et d’affecter un nombre suffisant de professeurs dans ces langues.
Pour être légitimée, les langues régionales doivent être reconnues par l’État, et l’une des formes de cette reconnaissance est le diplôme. Avec Christian Kert, nous posons donc la question : pourquoi n’y a-t-il pas d’agrégation de langue d’oc, alors qu’il en existe pour toutes sortes de langues peu parlées, et qui ont peut-être donné moins de poètes ? Cet enseignement devrait s’effectuer dans le respect des variétés dialectales de Provence, de Languedoc, de Limousin, d’Auvergne, de Béarn et de Gascogne. C’est cela, la multiplicité des cultures, qui fait que chacun, étant reconnu pour ce qu’il est, accepte les autres. Autre signe de reconnaissance : sans être nécessairement obligatoire, cet enseignement devrait être inclus dans les horaires normaux ; et la répartition au sein de chaque région devrait être équitable. À cet égard, l’enseignement du nissart est un peu défavorisé.
À nos yeux, il s’agit donc moins d’un problème constitutionnel qu’une question de moyens financiers et d’organisation de l’enseignement.
Depuis le rapport Poignant de 1998, resté lettre morte, plus aucun état des lieux sur les langues régionales n’a été réalisé. Dix ans après, un nouveau rapport serait le bienvenu pour nous suggérer des propositions concrètes. En revanche, une modification constitutionnelle ne me paraît nullement requise. Une loi suffira.
Et si je devais résumer ma position d’une formule, je dirais : « Une langue pour notre nation, des langues pour nos régions ! »
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Tags:culture, langue
