LES PROBLEMATIQUES NATIONALES ET NICOISES DES POLITIQUES CULTURELLES
En présence de M. Hubert TASSY, nouveau Directeur Général Adjoint en charge du développement culturel de la ville de NICE et de Mme Joëlle BELLOTTO, fonctionnaire à la mairie de Nice qui fait le lien entre les services et les élus, nous avons échangé sur les problématiques et vos attentes en matière culturelle.
J’ai rappelé que, dans le cadre de mon combat pour l’éducation artistique à l’école, Xavier DARCOS a accepté d’appliquer une de mes propositions de mon rapport de 2005, à savoir l’enseignement obligatoire de l’histoire de l’art de l’école jusqu’au lycée.
J’ai également parlé de la télévision qui doit être un vrai lieu de démocratisation culturelle. La publicité et la course effrénée à l’audimat ne sont pas compatibles avec des émissions culturelles de qualité. Le Président de la République a récemment annoncé la suppression de la publicité sur les chaines publiques qui pourront désormais assurer pleinement leur mission au service du public. Je suis heureuse de voir qu’une de mes propositions a été retenue au plus haut niveau.
J’ai aussi souligné l’importance de la création d’une Commission de la Culture et de l’Education à part entière à l’Assemblée Nationale. En effet, auparavant celle-ci était « noyée » au sein de la Commission des Affaires Culturelles, Familiales et Sociales. C’est une très grande chance pour l’essor des offres culturelles et pour une meilleure prise en compte d’un élargissement des publics.
Les grands problèmes au niveau de l’Etat : comment choisir ?
Il y a très peu de marge de manœuvre dans le budget de la culture car nous sommes victimes de la densité de nos institutions culturelles; et donc il reste, dans un contexte budgétaire contraint, peu d’argent disponible pour la production d’expositions et de spectacles nouveaux.
Le choix est donc difficile, pour le Ministre : restaurer le patrimoine sans pour autant sacrifier le soutien à la création contemporaine dont une partie enrichira notre patrimoine de demain.
Une autre question se pose : la Ministre doit-elle continuer à saupoudrer de nombreuses manifestations artistiques qui ont un intérêt socio-culturel et éducatif mais qui ne procurent pas un rayonnement international à la France ou doit-elle au contraire chaque année se concentrer sur des manifestations emblématiques ?
Les problématiques de la politique culturelle Niçoise : peu de marge de manoeuvre
Les ¾ du budget municipal attribués à la Culture sont utilisés pour le fonctionnement. Il est donc très difficile de financer des productions nouvelles et de faire appel à des personnes extérieures emblématiques.
Nous sommes dans la deuxième phase de la décentralisation. Les collectivités locales doivent intervenir de plus en plus en matière culturelle ; jusqu’à présent la politique culturelle a souvent été décidée par Paris. Actuellement cela change car les collectivités doivent définir elles mêmes leur politique culturelle.
A Nice, on doit faire face à beaucoup d’institutions avec énormément d’argent mobilisé. Les crédits de subventionnement de la ville sont bien moins importants que ceux du Conseil Général. Nous allons devoir dégager des marges.
Nous allons essayer de redéfinir des lignes plus harmonieuses, plus dynamiques en prenant en compte tous nos atouts. Il faut que les personnes travaillent ensemble ; il faut mutualiser les moyens car les marges de manœuvres financières actuelles ne sont plus celles d’autrefois.
Compte-rendu de la phase de questions/réponses
- Est-ce possible d’augmenter les moyens pour la culture sans augmenter les impôts ?
Il serait pertinent de se rapprocher du secteur privé, des clubs de mécènes et rentabiliser les lieux en y organisant par exemple des manifestations privées. Il faut également solliciter les subventions européennes ce que l’on ne sait pas faire en France. Mais il est évident que pour avoir du mécénat de qualité il faut pouvoir présenter des artistes et des ouvrages de qualité.
On pourrait également inciter les entreprises et les administrations à recevoir dans leurs locaux des expositions artistiques.
Quant à l’implication du Conseil Régional, seule la formation professionnelle des différents personnels du spectacle est de sa compétence.
- Nice est endormie au niveau musical !
Dynamiser la vie musicale des Alpes Maritimes est un enjeu majeur. Il faut remettre à flot les structures et arriver à faire travailler les gens ensemble et valoriser ce qui existe.
Nous allons permettre aux institutions existantes de mutualiser leurs moyens. Par exemple, on ne peut plus accepter que la plupart des musiciens qui sortent du Conservatoire ne fassent plus jamais de musique de leur vie ou partent à l’étranger.
- La libre entrée dans les musées a-t-elle amené plus de visiteurs ?
Il semblerait que la fréquentation ait progressé surtout dans certains musées qui étaient délaissés, mais néanmoins il serait bon d’envisager de faire payer les expositions temporaires.
- Ne pourrait-on pas créer des soirées de haut niveau à l’Opéra pour attirer la clientèle étrangère ce qui ferait vivre cet établissement ?
La masse salariale de cette institution représente 20 millions d’euros. Pour les productions le budget est de 5,5 millions d’euros.
Une mutualisation des moyens est à envisager, par exemple en s’associant avec d’autres opéras afin de produire des spectacles de plus haut niveau.
La politique culturelle doit aussi se faire au niveau du conservatoire car les artistes français subissent une concurrence importante alors que l’enseignement musical français à une réputation internationale.
- L’enseignement musical dans d’autres pays est souvent combiné avec le cursus universitaire.
Contrairement à la plupart des pays européens (Allemagne, Italie..) on cultive surtout en France l’excellence. Cela décourage beaucoup d’élèves du conservatoire qui abandonnent la pratique amateur. Or ce sont les amateurs qui créent la majorité du public et qui soutiennent la culture. Mon plus grand souhait c’est de créer les conditions de susciter le désir de culture pour le grand nombre de Français.
- Il faut que la Gare du Sud soit destinée à la culture (expositions, spectacles, etc.)
C’est le projet que j’ai proposé à Chritian Estrosi.
- Il faudrait que toutes les écoles de Nice puissent bénéficier d’un matériel musical de base gratuit ! »
Oui, je pense qu’il faut solliciter les dons d’entreprises.
En conclusion, tout le monde s’est accordé à dire qu’encore aujourd’hui la culture est le parent pauvre de notre enseignement, même si des progrès sont en vue notamment grâce à l’enseignement obligatoire de l’histoire de l’art de l’école au lycée. Néanmoins il n’y a aucune formation artistique obligatoire dans les IUFM. Or si l’on veut vraiment que les enfants apprécient plus tard l’Opéra, les musées, il faut leur apporter cette culture avec des moyens appropriés, et ce dès le plus jeune âge.

