Cette semaine, deux dangers aux conséquences lourdes ont particulièrement retenu mon attention. J’ai donc alerté la ministre de la santé sur ces dangers largement évitables.
1. Les méfaits de l’association de certains aliments à la prise de certains médicaments sont encore mal connus. Ces risques, pourtant exposés dans les notices, sont loin d’être anodins : par exemple, la prise de jus de pamplemousse avec des médicaments contre le cholestérol peut créer des atteintes musculaire graves.
2. Un récent rapport médical révèle une surmédication des personnes âgées de plus de 65 ans, notamment en somnifères, tranquillisants ou neuroleptiques. Ces prescriptions, faites à mauvais escient, sont graves non seulement pour les finances de la sécurité sociale mais aussi pour le confort et la santé en faisant courir des risques inutiles de chute grave, de sédation excessive et de confusion mentale.
1. Le texte de ma question qui sera prochainement publiée au Journal Officiel de la République :
Mme Muriel Marland-Militello appelle l’attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur les interactions de certains médicaments avec certains aliments. Comme l’a rappelé l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) le 13 octobre dernier, certains aliments peuvent accentuer les effets indésirables ou diminuer l’efficacité d’un traitement médicamenteux. A titre d’exemple, le jus de pamplemousse peut augmenter de façon importante l’absorption du médicament dans l’organisme. Deux classes de médicaments sont particulièrement concernées : 1) certains médicaments utilisés pour faire baisser le taux de cholestérol dans le sang : la simvastatine, et dans une moindre mesure, l’atorvastatine. Un jus de pamplemousse pris en même temps que la simvastatine peut multiplier par 15 l’absorption du médicament et provoquer des atteintes musculaires graves ; 2) les immunosuppresseurs préconisés contre les rejets de greffes (tacrolimus, ciclosporine…). Une prise concomitante avec un jus de pamplemousse, de façon régulière, peut endommager le rein. Même si ces interactions sont indiquées sur la notice, nombre de nos concitoyens ne se doutent même pas que les aliments ou les boissons peuvent avoir un effet sur l’activité des médicaments, à l’exception notable de l’association alcool-antibiotiques. Aussi aimerait-elle savoir ce qu’elle compte faire afin de protéger davantage nos compatriotes de ces risques.
2. Le texte de ma question qui sera prochainement publiée au Journal Officiel de la République :
Mme Muriel Marland-Militello attire l’attention de Mme la ministre de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative sur la consommation de psychotropes des personnes âgées de plus de 65 ans. Une enquête de la Haute Autorité de Santé (HAS) publiée mardi 14 octobre dernier révèle que les personnes âgées de plus de 65 ans consomment trop de somnifères, tranquillisants ou neuroleptiques et souvent à mauvais escient, ces médicaments étant à l’origine d’une iatrogénie importante (chutes, confusions, sédation excessive…). Cette surmédication est également néfaste aux finances de la sécurité sociale. Sans aborder le cas des personnes hospitalisées, l’enquête de la HAS a pu ainsi étudier le cas de 97% de la population française de plus de 65 ans, soit près de 10 millions de personnes. Elle révèle notamment que pour combattre l’insomnie, l’anxiété ou des affections y ressemblant, 32% des plus de 65 ans et près de 40% des plus de 85 ans se sont vu prescrire un hypnotique ou un anxiolytique entre septembre et décembre 2007. Dans nombre de cas la prescription était inutile au traitement de la pathologie. Or, des expériences visant à limiter l’usage des psychotropes ont été menées avec succès, notamment dans les Ardennes, par l’équipe du Dr Jean-Pierre Hilly. Ainsi 102 personnes de 74,5 ans d’âge moyen, prenant des benzodiazépines depuis 1 à 40 ans, ont été incitées à arrêter ou diminuer les doses: 53% d’entre elles ont cessé leur usage depuis 18 mois, 22% ont considérablement réduit les doses. Aussi aimerait-elle savoir quelles mesures le Gouvernement compte prendre au regard de cette enquête s’agissant des prescriptions de psychotropes chez les personnes âgées de plus de 65 ans.
