Dans le cadre de mes traditionnelles réunions mensuelles, j’ai eu le plaisir d’accueillir le 14 octobre dernier de très nombreux niçois au local de l’association « La Semeuse ». Nous avons échangé sur le thème des relations parents-enfants et de la jeunesse.

La protection des jeunes face à de nouveaux risques

1- Internet permet des échanges d’informations rapides et gratuits. C’est une formidable opportunité mais cette technologie est également porteuse de risques pour notre jeunesse. La cyber-pédophilie est un risque grave que courent les enfants sur Internet: le pédophile se fait passer dans les forums pour un enfant du même âge et fixe un rendez-vous avec sa future victime. Les incitations à la violence ou au suicide au nom de je ne sais quelle idéologie sont également en plein essor. Cela est extrêmement préoccupant. Augmenter les contrôles et les sanctions a été la solution proposée par le public. Comment protéger ses enfants des dangers d’Internet.

2- La montée de l’alcoolisme chez des jeunes de plus en plus jeunes, de plus en plus dépendants à l’alcool. Actuellement la législation interdit aux bars de servir de l’alcool aux moins de 16 ans. Pour les 16/18, on peut leur servir de la bière et du vin mais pas des alcools forts. Le ministre de la santé, Roselyne Bachelot, veut interdire tous les alcools aux mineurs de plus de 16 ans. Je ne suis pas d’accord avec cette interdiction brutale qui ne servirait à rien : l’attrait de l’interdit serait, au contraire, incitatif. Les mineurs pourront toujours trouver un moyen de se procurer de l’alcool. Les adolescents respectueux de la loi, quant à eux, risquent de vouloir se rattraper à leur majorité. Je mène dans le cadre de mon mandat de député une action pour protéger nos adolescents de manière efficace sans aller jusqu’à tout interdire, car nous pensons qu’il y a d’abord d’autres mesures à prendre:

  • vérifier que la législation actuelle est correctement appliquée, même si l’on ne peut pas mettre un inspecteur derrière chaque comptoir.
  • augmenter la prévention et la pédagogie sur ces problèmes, à l’école comme dans les familles. Il faut d’ailleurs mobiliser davantage les parents et les sanctionner davantage quand leur enfant trouble l’ordre public ou cause un accident en état d’ébriété.
  • Je pense aussi que l’on peut renforcer l’information dans les collèges et lycées. J’ai proposé de mettre en place un « brevet de bonne santé » à l’image du brevet de sécurité routière qui aborderait tous les dangers auxquels les jeunes sont et seront confrontés (troubles alimentaires, tabac, drogues, alcool, suicide, etc…).

Mr Orazem, directeur de l’école Thérèse Roméo, a indiqué que la ville de Nice a mis en place une visite médicale annuelle pour les enfants. De plus en plus de familles vivent le problème de l’alcoolisme, ces faits inquiétants sont liés à des drames familiaux, au chômage, à des séparations. La surveillance de la santé doit se faire dès la maternelle a-t-il rappelé.

Louis-Xavier Michel, Président de la Semeuse, et qui a voué sa vie aux jeunes, est intervenu en précisant qu’il n’y a malheureusement pas de solutions miracles à cet alcoolisme des jeunes. Il faut seulement se souvenir que les jeunes sont fragiles et que les deux tuteurs de leur éducation sont l’école et leurs parents.

Nous avons également parlé de la drogue, qui est un véritable fléau, en particulier au sein de notre jeunesse. Si l’éducation des parents ne fonctionne plus comme avant, c’est aussi parce que les enfants ne communiquent plus assez avec leurs parents : entre les écrans de télévision et les ordinateurs chacun dans la famille vit solitairement. Il y a moins de rapports de confiance ou de tendresse. L’Etat doit donc prendre la relève mais avec mesure.

Dominique Estrosi-Sassone, adjoint au Député-Maire en charge de la politique de la ville, a souhaité apporter deux témoignages :

  1. La démission des parents voulue ou non voulue est renforcée par l’explosion du noyau familial et la monoparentalité. En collaboration avec des associations, notamment la Semeuse des réunions sont organisées sur ces sujets pour que les parents se réapproprient leur rôle.
  2. Lors de sa visite dans les quartiers sensibles, Fadela Amara, secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville, a eu des propos très fermes à l’attention des parents. Les parents doivent absolument aider à démanteler les économies parallèles, auxquelles pourraient prendre part leurs enfants. C’est un préalable à l’éducation des jeunes.

L’éducation que nous leur devons

J’ai rappelé les avancées du gouvernement en matière d’éducation : accompagnement éducatif à l’école pour les orphelins de 16 h, assouplissement de la carte scolaire, suppression des cours le samedi matin, droit à l’accueil des écoliers en cas de grève, enseignement approfondi de la grammaire, du vocabulaire, de l’orthographe, de l’histoire des arts avec épreuve au Brevet des collèges.

Trop d’enfants arrivent en 6ème sans maîtriser la lecture, l’écriture et le calcul. J’ai exposé alors la réforme de Xavier Darcos, ministre de l’éducation nationale, qui recentre les enseignements à l’école sur les savoirs de base indispensables (lire, écrire, compter).

En ce qui concerne les lycées, beaucoup d’échecs sont dus à des problèmes d’orientation. Dans les faits, la classe de seconde n’est pas celle du choix réfléchi. Les lycéens sont orientés en fonction de leur aptitude apparente. Il y a aussi cette hiérarchie supposée entre les filières, avec une prévalence de la série S, qui éloigne bêtement certains élèves de cursus littéraires où ils réussiraient parfaitement tout en s’épanouissant. Nous allons également nous attaquer à ce problème.

Mme Dominique Estrosi-Sassone a indiqué qu’avec l’agence pour la rénovation urbaine et divers acteurs comme l’ANPE, l’Education nationale, les Missions Locales vont mettre en œuvre une charte pour la formation et le retour à l‘emploi. Certains emplois seront alors destinés aux habitants de ces quartiers.

Suite à une question du public j’ai expliqué que je trouvais anormal que les filières scientifiques ne comportent pas un enseignement artistique obligatoire. Vous savez combien je suis engagée pour l’éducation artistique en milieu scolaire. J’ai déjà gagné un combat puisque l’histoire des arts fait désormais partie de l’enseignement général obligatoire.

Suite à une autre question du public j’ai rappelé quelques éléments relatifs au volontariat.

J’ai notamment parlé des « Ecoles de la deuxième chance » pour les jeunes de 16 à 25 ans en situation d’échec scolaire ou qui sont en difficulté d’insertion sociale.

A ce sujet, Mme Dominique Estrosi-Sassone a soulevé le problème de trouver des emplacements appropriés pour ces centres. Elle a rappelé que Christian Estrosi souhaitait créer sur Nice un tel établissement. A Marseille c’est une grande réussite : il s’agit d’un établissement avec un internat et un complexe sportif.

Elle a suggéré que le site des abattoirs pourrait accueillir une telle école. Je suis d’accord pour que le grand projet culturel que j’ai pour ce lieu intègre également ce genre d’établissement.

Je crois fondamentalement que la meilleure thérapie pour des jeunes qui veulent redémarrer c’est l’ouverture aux activités artistiques. Les artistes et leurs créations offrent une ouverture à la différence entre cultures, entre conditions sociales ou conditions de santé. Une cohabitation avec le monde de la culture serait donc excellente pour ces jeunes qui sont sur le bord du chemin. Nous allons défendre cette idée ensemble.

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Muriel Marland-Militello, Député des Alpes-Maritimes

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