Le 6 novembre dernier j’ai reçu de nombreux niçois autour de Philippe Pradal, expert comptable et Christian Tordo, chef d’entreprise, tous deux Adjoints au Maire de Nice, chargés particulièrement de matières économiques et financières.
Après avoir rappelé l‘origine et les conséquences de la crise des subprimes, qui s’est propagée des Etats-Unis vers les autres pays par les marchés financiers, j’ai rappelé qu’en France, le gouvernement, dès le début de la crise, a pris des mesures adéquates. Par ces mesures, l’Etat apporté, de manière réactive, son soutien à nos banques, à notre système financier et à toute notre économie. Pour soutenir l’économie il a notamment débloqué 22 milliards d’euros pour aider les PME et ainsi soutenir l’activité économique et donc, l’emploi. Le Gouvernement souhaite continuer à apporter sa caution pour plusieurs centaines de milliards d’euros afin d’empêcher le blocage de notre économie par manque de liquidités. Nicolas Sarkozy a également montré son volontarisme et l’influence de la France dans le monde en étant à l’origine d’un G20 sur la crise.
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Puis un dialogue s’est instauré où le public a pu poser un grand nombre de questions très pertinentes. En voici quelques unes :
- Le fait que l’Etat emprunte de l’argent à un taux élevé pour prêter aux banques, qu’est ce que cela coûte aux citoyens, à court terme à moyen terme ?
Philippe Pradal a répondu que cela devrait rapporter au budget de l’Etat. En effet l’Etat est un emprunteur très solvable et de ce fait il aura la possibilité d’emprunter à un taux inférieur à celui qu’il prêtera aux banques.
- A qui l’Etat emprunte-t-il ?
Philippe Pradal a indiqué que l’Etat allait emprunter par l’intermédiaire de ce que l’on appelle les obligations d’Etat. L’Agence Centrale du Trésor va mettre sur le marché des obligations qui vont être souscrites par le grand public via les banques ( assurance vie, comptes à terme sur des fonds en euros). Les autres Etats vont également acheter ces obligations françaises, particulièrement les pays qui ont des excédents commerciaux (pays du Golfe, Chine, etc.).
- Quel est le danger, pour la France, que beaucoup de nos entreprises n’aient plus de capitaux français ?
Philippe Pradal a répondu qu’il fallait jouer le jeu. On ne peut pas applaudir des deux mains lorsque EDF prend des participations significatives à l’étranger et en même temps vouloir que nos entreprises françaises restent françaises. Néanmoins, en cette période de crise nous devons avoir un comportement particulièrement citoyen.
- Dans quelle mesure pourra-t-on contraindre les banques à maintenir leur financement auprès des PME en sachant qu’on va les obliger à s’endetter à des conditions défavorables ?
Philippe Pradal a indiqué que le but n’était pas que l’Etat rentre dans le capital mais, au contraire, qu’il ait une influence plus grande afin d’exercer un contrôle de façon plus sévère. La mise en place d’un médiateur du crédit au niveau national indique bien qu’il y a une vraie volonté de vigilance de la part des pouvoirs publics sur le devoir de financement des PME.
La parole de l’Etat fait autorité. Un site Internet vient d’être créé à destination des PME afin de leur permettre de faire remonter leurs dossiers directement à Monsieur RICOL, chargé par le Gouvernement de faire pression sur les banques. Sur le plan local, Christian Estrosi va mettre en place une cellule d’observation chargée de faire remonter les informations directement auprès du Ministère.
Puis la parole fur donnée à Christian Tordo.
Christian Tordo a souhaité ajouter que notre situation n’est pas si dramatique. Il faut éviter de tomber dans le misérabilisme. Néanmoins, les prochains moins vont être difficiles et la crise risque de durer en 2009. L’Etat, vis-à-vis des banques a pris des mesures et est intervenu à bon escient.
- Est-ce que notre argent dans les banques ne risque rien ?
Christian Tordo a rappelé que l’Etat avait assuré par un certain nombres d’actions que les banques pourraient honorer les retraits. L’Etat garantira les dépôts des épargnants. Les banques sont là pour que l’on puisse déposer de l’argent mais aussi pour en emprunter. Ce qui fait marcher notre économie c’est le crédit ; il faut que les banques prêtent à l’artisan qui veut accroître son entreprise, au boulanger qui veut faire des travaux d’amélioration dans son commerce.
Le Député-Maire a été très sollicité par les PME soucieuses de leur devenir face à la crise ; après plusieurs contacts avec les services préfectoraux il a pu leur assurer que l’Etat avait mis en place des mécanismes suffisamment stricts afin de leur permettre de franchir et de mener à bien leurs projets. En cas de maintien de refus par les banques la cellule mise en place en Préfecture jouera son rôle de médiateur.
- Qu’en est-il exactement pour les particuliers ?
Christian Tordo a répondu qu’aujourd’hui il n’y avait pas de blocage pour les prêts aux particuliers, notamment pour l’immobilier. Les collectivités locales pourront elles aussi avoir accès aux prêts bancaires afin de financer les investissements dont elles ont besoin. Il faut impérativement que ces collectivités puissent continuer à donner du travail à leurs fournisseurs. Il faut faire en sorte de supprimer les abus de certains organismes bancaires qui ont massivement vendu à certaines collectivités territoriales des prêts dits « structurés » composés de placements à risque adossés aux prêts subprimes. Ces placements n’ont pu être négociés car la valeur des titres s’est effondrée en bourse.
- Certaines personnes déposent des dossiers de surendettement alors que les crédits ont été contracté pour acheter des biens dont on peut différer l’acquisition lorsque l’on n’a pas les moyens.
Christian Tordo a affirmé qu’en général les dossiers de surendettement étaient des dossiers bien réels déposés par des personnes dans le besoin. Concernant ces dossiers il y a eu des réflexions concernant l’établissement de fichiers croisés, cela se fait dans certains pays, mais en France on ne peut pas le faire.
- En France nous avons les moyens de lutter contre les fraudes. Il faut peut-être accentuer les contrôles. Nul ne peut juger de la faculté d’une personne à pouvoir emprunter uniquement sur un fichier.
Christian Tordo a toutefois rappelé le foisonnement d’offres et de cartes de crédit à la consommation. La question des surendettements est traitée directement par la Banque de France qui gère le fichier des incidents bancaires ; les personnes en situation de difficultés financières sont automatiquement fichées. Si vous êtes en surendettement mais que vous arrivez à faire face à vos échéances, vous n’êtes pas fiché. Le choix fait par la France est celui de ficher les incidents et non pas tous les prêts contractés par une personne. En Belgique, qui a choisi l’autre système, les banques, à partir du fichier belge, ont fait du phoning auprès des personnes non surendettées et qui ne possédaient aucune carte de crédit pour qu’elles empruntent.
- Les banques ne-sont elles pas responsables de la crise ? Assurent-elles encore leur rôle ?
Christian Tordo a indiqué qu’aujourd’hui, quand on voit la situation des banques dans le monde, les banques françaises sont plutôt en meilleure santé que dans beaucoup d’autres pays et c’est une chance pour nous car elles peuvent plus facilement débloquer des prêts nécessaires au développement de notre économie.
Nous avons, dans l’ensemble, des établissements bancaires bien gérés.
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J’ai enfin conclu cet échange très instructif en remerciant tous les participants et en rappelant que cette crise était également l’occasion de commencer une réflexion sur notre pratique du capitalisme, qui était devenue « folle » (ex : parachutes dorés, spéculations sans lien avec la valeur économique de l’entreprise). Grâce au volontarisme de notre Président de la République, également Président de l’Union Européenne, un plan de sauvetage a été voté et des actions ont été menées en France en faveur des PME ainsi qu’au niveau européen et mondial.
