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sept 29

conseil de l'europeMes collègues de l’Assemblée nationale m’ont choisie pour les représenter à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe au sein de la Commission de la Commission de la culture, de la science et de l’éducation.

Le Conseil de l’Europe – à ne pas confondre avec le Conseil européen – rassemble 47 pays. Quatre grands objectifs sont poursuivis par le Conseil de l’Europe :

  • Défendre les droits de l’homme, la démocratie pluraliste et la prééminence du droit
  • Favoriser la prise de conscience et la mise en valeur de l’identité culturelle de l’Europe et de sa diversité
  • Rechercher des solutions communes aux problèmes de nos sociétés
  • Développer la stabilité démocratique en Europe en soutenant les réformes politiques, législatives et constitutionnelles

Aujourd’hui j’ai pris la parole devant mes collègues des 47 Etats membres pour défendre le droit à la culture.

J’ai le plaisir de vous communiquer le texte de l’intervention que j’ai faite :


Monsieur le Président, Mes chers Collègues,

André Malraux, premier ministre français de la Culture énonçait dans Hommage à la Grèce que «la culture ne s’hérite pas : elle se conquiert.». Il entendait ainsi rappeler l’importance de l’éducation et de la démocratisation culturelle.

Démocratiser la culture, c’est la rendre accessible à tous sans pour autant niveler par le bas l’offre culturelle.

L’éducation culturelle offre l’opportunité à tous dès le plus jeune âge d’être au contact du patrimoine et de la création, trop longtemps réservés aux seules classes privilégiées.

Si la France s’est toujours fait le porte-parole de la culture, c’est bien parce que la culture est inséparable de l’idée d’universalité qui respecte et transcende les différences.

Grâce à la promotion de l’éducation culturelle nous sommes convaincus d’oeuvrer de manière durable pour la réconciliation des identités et in fine pour la paix dans le monde.

Notre institution est une instance privilégiée d’un dialogue pacifié dans laquelle la diversité des cultures, le dialogue entre les civilisations peuvent s’exprimer et prévenir le choc des civilisations que certains agitent tel un épouvantail funeste.

La promotion de de l’éducation culturelle a donc toute sa place parmi nos belles missions. Mais comment la promouvoir ?

Tout d’abord, par la langue, premier médiateur culturel, lieu d’échange entre les êtres humains.

C’est la raison pour laquelle j’ai interrogé le gouvernement français sur la création d’une agrégation de langue d’oc. Si la maîtrise par tous de la langue commune est une priorité absolue, il faut, comme nous y invite la Charte sur la sauvegarde des langues régionales, faire vivre les langues régionales au travers de leur enseignement. D’ailleurs elles «appartiennent au patrimoine de la France» comme l’a précisé la récente révision constitutionnelle française.

Cependant la langue n’est pas le seul vecteur de culture. L’apprentissage de l’Histoire, de la littérature, des Arts, des sciences humaines, sont autant de ponts entre nous que le partage d’une même culture et de mêmes valeurs aident à construire.

Le Livre blanc du Conseil de l’Europe, adopté par le Comité des ministres le 7 mai 2008, met en évidence la nécessité du dialogue interculturel et il souligne le rôle indéniable de l’Art sous toutes ses formes.

L’Art développe la créativité et l’esprit critique, qualités premières dans un monde fondé sur la connaissance.

C’est en misant dessus que l’on formera des citoyens capables de s’adapter à un monde en constante mutation, comme nous y invite la stratégie de Lisbonne.

C’est pourquoi, l’éducation artistique doit être rendue obligatoire dans les établissements du primaire et du secondaire, et encouragée par la formation continue.

Ces raisons m’ont conduite à déposer le 7 juillet 2009 une proposition de recommandation sur le droit de chacun à participer à la vie culturelle.

Je l’affirme ici solennellement : il est urgent de reconnaître le droit de tous à participer à la vie culturelle comme un droit à part entière.

Ce droit n’est pas un luxe : c’est la quatrième génération des droits de l’homme, qui permettra de reconnaître pleinement l’homme dans son humanité.

En écho aux mots d’André Malraux : le droit à la culture pour tous est l’ultime conquête des droits de l’homme. Inscrivons la au frontispice de nos déclarations des droits !



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