J’ai été choisie pour être le porte-parole des députés du Groupe UMP sur le budget 2010 de la culture. Je suis très heureuse et très fière de la confiance que m’expriment mes collègues à cette occasion.
Hier nous avons auditionné pendant plus de 4 heures Monsieur Frédéric MITTERRAND, Ministre de la Culture et de la Communication, sur son projet de budget pour l’année prochaine.
Conformément aux annonces faites par le Président de la République en début d’année lors de ses voeux au monde de la culture, un effort conséquent sera fait en faveur de notre patrimoine (100 millions d’euros supplémentaires). J’ai insisté sur le devoir que nous avons de nous assurer que chaque euro dépensé pour la culture a été utilisé de manière efficace, y compris pour notre économie et nos emplois.
J’ai questionné le Ministre de manière particulièrement approfondie au sujet de la démocratisation culturelle qui est à mes yeux l’une des missions premières d’une politique culturelle.
Lors de cette réunion, j’ai notamment eu à m’exprimer brièvement au nom du Groupe UMP sur ce budget. J’ai le plaisir de vous communiquer au bas de cet article le texte de l’intervention que j’ai prononcée hier.
Ce budget sera examiné en Hémicycle le 12 novembre prochain. J’aurai alors à nouveau l’occasion de m’exprimer sur le budget de la culture.
Madame la Présidente, Monsieur le Président, Monsieur le Ministre, Chers collègues,
Le budget de la mission culture est en progression de 3,9% par rapport à celui de l’année passée qui, rappelons le, était en hausse de 2,6%. Cette augmentation est légitime à plus d’un titre :
Elle s’accompagne en premier lieu d’un effort de rationalisation dans l’organisation et dans la dépense, qui permet d’optimiser chaque euro dépensé au service de la culture dans notre pays.
Qu’il s’agisse par exemple du regroupement des écoles supérieures d’art ou du spectacle vivant, en des pôles de taille pertinente pour contribuer à leur rayonnement culturel et favoriser l’insertion professionnelle de leurs diplômés.
Qu’il s’agisse entre autres de la construction d’un centre national de conservation du patrimoine pour conserver, restaurer et expertiser en un seul lieu nos oeuvre d’art.
Cette hausse budgétaire est également légitime car la politique en faveur des monuments historiques (une hausse de 10,7% et 400 millions d’euros) réhabilite notre patrimoine monumental tout en développant notre attractivité touristique et en soutenant l’activité économique de nos entreprises de restauration sauvant ainsi nombre d’emplois.
Cet effort important en faveur de notre patrimoine est la mise en oeuvre de l’annonce du Président de la République lors de ses voeux aux acteurs de la culture à Nîmes le mardi 13 janvier dernier, à savoir une rallonge de 100 millions d’euros par an en faveur du patrimoine, exemptés de tout gel.
Sauver le passé sans négliger l’avenir, c’est bien la raison d’être du programme Création, qui est en hausse de 0,4%.
La forte proportion des crédits dévolus au spectacle vivant (86%) se justifiera d’autant mieux si l’on mène à bien les réformes nécessaires issues des entretiens de Valois et les problèmes liés à l’intermittence du spectacle.
Même si l’on peut regretter les petits 7% dévolus aux arts plastiques, pourtant patrimoine de demain, l’on doit se réjouir de la création d’un nouveau lieu pour les artistes émergents au Palais de Tokyo et le maintien de manifestations comme Monumenta consacrées aux artistes confirmés comme Christian Boltansky, sans oublier le plan de relance pour le marché de l’art.
Mais ces deniers publics se doivent de bénéficier au plus grand nombre quels que soit sa situation sociale et son lieu de vie. L’importance du programme Transmission des savoirs et démocratisation culturelle légitime ce fort investissement public (en hausse de 1,9% hors personnel) en période de budget contraint.
Plus on agit près des personnes, plus on agit près des territoires, plus la démocratisation culturelle est efficace.
A cet égard, la numérisation du patrimoine culturel et de la création sera une des clés de voûte de la démocratisation culturelle de demain. C’est une excellente chose. Il me paraît en effet essentiel d’approfondir encore cet effort pour permettre à tous l’accès à la culture, particulièrement à destination des populations éloignées de l’offre culturelle, pour des raisons sociales ou géographiques ou encore liées à un handicap.
Je suis particulièrement sensible au fait que la priorité affichée en faveur de l’éducation artistique et culturelle s’accompagne d’un effort tout particulier envers les résidences d’artistes dans les établissements scolaires, mais aussi un effort tout particulier en faveur de la production et de la diffusion de ressources documentaires notamment numériques qui pourront enrichir le portail Histoire des Arts.
En tant que Présidente du groupe d’études sur la vie associative, je salue également la démarche de conventionnement avec des structures associatives afin de développer les pratiques amateurs et favoriser l’accès de tous à la culture. Ceci est une des clés de la diversification des publics et partant mérite une place de choix dans la politique culturelle de l’Etat.
Enfin, la poursuite du rééquilibrage entamé en 2009 en faveur des territoires sera extrêmement bénéfique. Les crédits des DRAC progresseront, en fonctionnement et en investissement, de 9,7% en 2010 (soit 73 millions d’euros de crédits supplémentaires). Ainsi plus de 35% des crédits de la mission culture seront gérés au niveau déconcentré par les DRAC. C’est une juste reconnaissance de la qualité du travail accompli par ces institutions.
Pour conclure, ce budget 2010 est un budget conséquent qui permettra de réaliser une politique culturelle ambitieuse, voire inespérée dans un contexte budgétaire aussi contraint. C’est le signe que la culture est bien l’une des priorités du Président de la République et de la majorité qui ont compris combien étaient nécessaires à notre société la culture et la démocratisation culturelle.
