Service civique – Discours à la Tribune – Jeudi 4 février 2010
Madame la Présidente, Monsieur le Haut commissaire, Madame la Présidente de commission, Mesdames les Rapporteures, Mes chers collègues,
Le texte que nous examinons aujourd’hui est un texte vital pour notre société tout entière, car il aidera de très nombreux jeunes à appréhender et vivre leur citoyenneté tout en leur permettant de mieux connaître le monde dans lequel ils vivent. C’est un texte structurant pour la société française d’aujourd’hui et de demain.
Depuis le passage à l’armée de métier et la fin de la conscription voulue par le Président Jacques Chirac, le vide créé en terme de lien social et de mixité sociale peine à être comblé. Ainsi aujourd’hui moins de 3 000 personnes s’engagent chaque année dans une forme de volontariat. Parmi les raisons identifiées pour expliquer cette faible mobilisation figurent la très grande complexité des différents statuts de volontariat et le manque d’information.
En supprimant la pléthore de volontariats différents, on rend le dispositif plus lisible ce qui ne manquera pas d’attirer de nombreux jeunes citoyens, à condition bien sûr qu’on leur en offre la pleine possibilité dès leur majorité.
Au lieu de leur imposer une contrainte, un service civique volontaire permet de proposer aux jeunes l’opportunité de remplir des missions intéressantes pour eux et utiles à la collectivité nationale.
Je tiens ici à saluer le travail accompli par les deux rapporteures, Claude Greff et Françoise Hostalier, pour leur forte contribution à l’amélioration de la proposition que nous a transmis le Sénat.
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Le service civique pour donner les résultats ambitieux escomptés doit être crédible et audacieux. Nous y parvenons.
* Pour être crédible, il faut que la mise en place du dispositif, et plus particulièrement la définition des missions reconnues prioritaires pour la Nation se fasse, c’est une évidence, en étroite concertation avec les représentants de la Nation. Je suis donc très sensible au fait que quatre parlementaires fassent partie du comité stratégique du service civique.
Cette concertation avec le pouvoir législatif se fera également au travers du comité de suivi et du rapport d’évaluation qui nous sera présenté avant le 31 décembre 2011.
* Pour être crédible, il faut veiller à ce que l’attestation de service civique ait une forte valeur intrinsèque afin d’être significative et valorisée. C’est pourquoi je me réjouis que la commission des affaires culturelles ait adopté un de mes amendements qui vise à mettre en place une réelle évaluation en fin de mission afin de faire le point sur les compétences acquises.
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Ce service civique est audacieux. Il constitue une chance pour le monde associatif. Le service civique sera un tremplin pour l’engagement associatif. Non seulement il fournira aux associations et fondations de jeunes volontaires motivés et efficaces mais il leur donnera le goût de s’investir pour les autres, faisant d’eux les futurs bénévoles et donateurs dont le monde associatif a tant besoin.
S’agissant du volontariat de service civique, je crois important d’en rester à la solution pertinente qui a été arrêtée en commission, à savoir offrir le volontariat de service civique à tous les majeurs sans faire de discrimination entre les moins de 25 ans et les autres.
En outre, la solution retenue par la commission répond aux besoins du monde associatif, comme l’a clairement réaffirmé hier encore dans un courriel le CNAJEP, acteur de premier plan au niveau national et international dans le domaine de la jeunesse et de l’éducation populaire, et qui réunit plus de 70 mouvements nationaux implantés sur l’ensemble du territoire.
Cette solution est une solution de liberté, d’égalité et de fraternité.
- Liberté car elle laisse aux jeunes de 18 à 25 ans un choix et de plus grandes opportunités.
- Egalité car elle n’enferme pas la jeunesse dans des cases en fonction de l’âge.
- Fraternité car elle évite de créer une hiérarchie qui n’a pas lieu d’être entre les différentes formes d’accomplissement du service civique.
La question de la délivrance, sous de rigoureuses conditions, d’une attestation de service civique à des personnes bénévoles a suscité un vrai débat, ce qui explique que Monsieur le Haut commissaire ait accepté que ce point auquel il tenait pourtant beaucoup soit renvoyé à plus tard et fasse l’objet d’une réflexion intégrée au rapport qui nous sera présenté avant le 31 décembre 2011.
Je compte d’ailleurs avec le groupe d’études Vie associative que je préside au sein de notre Assemblée être une force de proposition sur les vastes et essentielles problématiques de la reconnaissance et de la valorisation du bénévolat, comme ce fut déjà le cas pour la conférence de la vie associative. De cette question fondamentale dépend l’avenir du fait associatif dans notre pays ! De cette question fondamentale dépend l’avenir des avancées humanistes dans notre pays !
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