Suite à la divulgation par L’Express des éléments du dossier médical de Johnny Hallyday, j’ai pris l’initiative d’adresser avec 24 collègues députés de la majorité une Lettre ouverte adressée à Christophe Barbier, Directeur de la rédaction du magazine l’Express. Monsieur Barbier a publié une réponse à notre Lettre ouverte dans les colonnes de son magazine. Même si je ne cherche ni la polémique ni à jeter de l’huile sur le feu, cette réponse -et déjà rien que son titre « Pourquoi L’Express a fait son devoir dans l’affaire Johnny » (sic!) – ne peut qu’inspirer une réaction de ma part :


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Les journalistes ne sont certes pas soumis au secret médical mais révéler des éléments couverts par ce secret, c’est se rendre complice d’une grave violation, que cela concerne Johnny Hallyday ou toute autre personne.

La publication de ces éléments – qui n’était en rien nécessaire à la compréhension du dossier – est clairement en contradiction avec au moins deux devoirs de la Charte de Munich (Déclaration des devoirs et des droits des journalistes) qui préconise de ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents et de s’obliger à respecter la vie privée des personnes.

La réponse de L’Express, il me semble, oublie donc la déontologie propre à cette profession.

Cette réponse oublie également l’éthique de responsabilité.

J’avoue être étonnée de lire que Christophe Barbier, pourtant journaliste de grande qualité, aille même dans sa réponse jusqu’à légitimer le non-respect du secret de l’instruction et du secret-défense !!!

Non être journaliste ne permet pas de se placer au dessus des lois en invoquant la liberté de la presse et en disant que l’on ne fait « que son devoir » de journaliste !

Toute liberté, pour les journalistes comme pour quiconque, va de paire avec le respect de la liberté d’autrui !

C’est bien parce que je tiens à la liberté de la presse, qui est fondamentale dans toute démocratie, que j’ai souhaité avec plusieurs collègues rappeler ces principes importants qui sont d’ailleurs en règle générale totalement respectés par l’ensemble des médias.

J’ai trop d’estime pour les médias et les journalistes français, qui sont de grande qualité, pour laisser passer une telle dérive déontologique.

En tant que parlementaire française, je suis heureuse de voir que dans cette affaire la grande majorité des Français (72% selon un sondage CSA) désapprouvent ces méthodes et affirment leur attachement au respect de la vie privée.

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Muriel Marland-Militello, Député des Alpes-Maritimes

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