Je soutiens totalement les propos de bon sens de Rémy Pflimlin qui a affirmé que le groupe France Télévisions qu’il préside doit fournir une « information de référence », « indépendante » et « recoupée ».
Je ne suis pas étonnée des réactions disproportionnées à ce qui ne constitue qu’un simple rappel de règles de déontologie, car moi-même je fus l’objet de caricatures lorsque j’ai souligné, au mois de juillet dernier, la nécessité de rappeler les règles qui régissent la déontologie des médias. Certains ayant même transformé ses intentions en une tentative d’encadrer la presse par le pouvoir politique, ce qui n’est absolument pas le but.
Rémy Pflimlin a raison : il n’est en effet pas dans les missions du service public de la télévision de bafouer le secret de l’instruction, la présomption d’innocence, le secret médical ou le secret défense.
Le service public de la télévision doit être un modèle de média, porteur des valeurs et des principes de notre République.
Je tiens à rappeler la nécessité d’adopter au plus vite ma proposition de résolution sur la déontologie des médias dans laquelle est rappelé le cadre existant, un cadre équilibré qui est malheureusement oublié par certains pour « produire du scoop » à tout prix.
La liberté de la presse est sacrée et doit être protégée car elle est essentielle à la démocratie. Mais elle ne permet pas tout, notamment pas de s’exercer aux dépens de toutes les autres libertés et de tous les droits individuels.
AFP : Le PDG de France Télévisions Rémy Pflimlin a critiqué le traitement de l’affaire Woerth/Bettencourt par Médiapart, affirmant que son groupe aurait traité l’information de façon « moins manipulatrice », provoquant un tollé vendredi chez les journalistes du site et au sein du groupe.
Jeudi lors d’une rencontre au Club de la presse de Strasbourg, Rémy Pflimlin a été interrogé sur la possibilité que France Télévisions sorte des informations sur l’affaire Woerth/Bettencourt. « Je pense que l’affaire dont tu parles peut sortir et probablement de façon plus sérieuse et moins émotionnelle, moins manipulatrice et moins publicitaire » que sur Médiapart, a-t-il répondu.
Les journalistes du groupe public l’auraient fait, selon lui, « de façon aussi plus respectueuse ».
Le nouveau patron de France Télévisions a dénoncé des « dérives à la Big Brother » et estimé que Médiapart n’était « pas l’exemple à suivre ».
« France Télévisions a une responsabilité importante et on ne peut pas se permettre de sortir des informations qui sont démenties le lendemain, de manipuler impunément », a-t-il poursuivi, affirmant que le groupe audiovisuel devait fournir une « information de référence », « indépendante » et « recoupée ».
