Voici la tribune que j’ai rédigée sur un thème qui m’est cher et qui a été publiée dans le journal Nice Matin, édition du 3 mars 2011.

Accéder à ma tribune « Internet : un monde de liberté au service de la démocratisation culturelle ».

 

Internet : un monde de liberté au service de la démocratisation culturelle

Internet est un lieu formidable de liberté, un lieu de communication, un lieu d’accès à l’information.

Et grâce à l’accroissement des territoires couverts, des débits mais aussi des contenus, internet est une formidable chance pour la démocratisation culturelle. Bientôt, chacun, quelle que soit sa situation géographique, quelle que soit sa condition physique, quelle que soit son origine sociale, pourra avoir accès, de chez lui ou en mobilité, à une offre culturelle (musique, vidéo, cinéma, théâtre, arts plastiques, etc.) riche et diverse, et ce, à des coûts minorés.

Mais saisir cette opportunité est un droit pour tous, pour ceux qui alimentent la culture et ceux qui en bénéficient, et donc ne doit pas se faire aux dépens du droit des artistes et des industries culturelles qui les produisent.

C’est la raison d’être de l’HADOPI : faire prendre conscience à ceux qui en doutaient que rien n’est jamais gratuit, il y a toujours quelqu’un qui paie. Dans le cas du piratage, ce sont les créateurs et l’avenir de notre patrimoine culturel.

Le piratage se banalisait parce que, comme il est dématérialisé, sans support physique, certains ne prenaient pas conscience qu’en fait ils volaient le travail d’un artiste, comme s’ils volaient un CD ou un DVD dans un magasin.

Or ne pas donner une juste rémunération aux artistes et une juste rentabilité aux industries culturelles aboutirait forcément à un ralentissement de la création artistique et donc à une baisse totale de la diversité culturelle : contrairement à ce que l’on a pu entendre, cette gratuité illégale est un frein à la démocratisation culturelle.

Comme tout lieu de liberté, internet a donc besoin de régulation pour être pérenne, car l’excès de liberté finit toujours par tuer la liberté. Cette régulation ne peut être que mondiale, vu la nature du réseau internet. Ainsi le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a souhaité un G20 des droits d’auteur sur internet à l’initiative de la France, qui confirme ainsi son rôle planétaire en faveur de l’exception culturelle.

Sans cette régulation les internautes seraient les premières victimes : les sources culturelles seraient appauvries et notre patrimoine en pâtirait.

N’oublions pas la chance que représente la révolution numérique pour les publics mais aussi pour les créateurs, en créant un nouveau vecteur pour la diffusion de la culture mais aussi un nouveau support pour la création. De nouveaux formats innovants sont désormais possibles : les arts numériques, en particulier l’art interactif, dans lequel le public interagit et devient co-producteur de l’œuvre. Par exemple, le Net art pourra prendre son envol; lui qui repose sur des créations interactives conçues par et avec le réseau Internet ainsi l’œuvre d’art se trouve au cœur d’une négociation socialement distribuée entre artistes, informaticiens, dispositifs techniques et publics.

Je continuerai d’agir pour qu’internet ne soit plus une menace mais bien une source d’innovations pour les artistes et une chance pour chaque internaute.

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Muriel Marland-Militello, Député des Alpes-Maritimes

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